L’Art de l’onction

L’art de l’onction est un soin des moments de transitions. Un espace organique qui nous invite à accueillir avec douceur les grands changements que la vie met sur notre chemin. Autour d’un soin rituel ancien comme le monde, l’onction facilite le lâcher prise sur ce qui a été pour mieux franchir le seuil vers ce qui doit être.

Porter l’huile. Offrir la voix. Tenir l’espace où quelque chose peut enfin se déposer. Les myrrophores savaient que certaines choses ne se disent pas. Elles s’oignent, elles se chantent, elles se laissent être.

Ce soin vous accompagne lors de moments charnières comme une séparation ou une nouvelle relation, une réorientation, la grossesse et la périnatalité, le renouveau spirituel, le deuil, la maladie, les soins palliatifs et la mort.

Dans les premiers temps du christianisme, les myrrophores , les « porteuses de myrrhe », transportant les huiles sacrées dans des flacons d’albâtre, étaient ces femmes-prêtresses qui officiaient auprès de leurs semblables lorsqu’un soin d’amour était requis. Elles ponctuaient la vie humaine de leurs rites de passages sensoriels de la naissance à la mort.

L’une d’entre elles, Marie-Madeleine, prépara le corps de Yeshua avant sa crucifixion dans un acte d’amour pur. Elle l’oignit de la tête au pieds avec du nard, un parfum très pur et de grande valeur tiré du Nardostachys jatamansi, une plante poussant en haute altitude dans les montagnes de l’Himalaya et favorisant l’élévation de l’âme.

À son disciple Judas qui considérait qu’il s’agissait là de gaspillage, le parfum ayant pu être vendu pour nourrir les pauvres, Yeshua répondit: « Vous ne savez pas ce qu’elle a fait pour moi. Amen, je vous le dis : partout où cet Évangile sera proclamé – dans le monde entier –, on racontera aussi, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. »

Le dimanche suivant la crucifixion, Marie-Madeleine se rendit au tombeau dans l’espoir de pouvoir préparer, avec les huiles sacrées, le corps de son Rabbouni pour sa dernière demeure. C’est à elle que Yeshua choisit d’annoncer sa résurrection, faisant d’elle l’Apôtre des apôtres.

Bien avant Marie-Madeleine, dans les temples de la Mésopotamie, de l’Égypte ancienne et de la Grèce, des femmes consacrées gardaient et transmettaient l’art sacré de l’onction: huiles précieuses extraites de plantes, de résines, de fleurs, préparées avec soin et offertes comme acte de dévotion, de guérison et de passage.

Cet art n’a jamais vraiment disparu. Il s’est transmis de mains en mains, de bouche à oreille, dans les marges des traditions officielles. Via Rosa, c’est la pratique de la myrrophore, l’art de l’onction, qui s’inscrit dans ce fil ancien : une rencontre intime où l’huile alliée aux plantes et le chant intuitif sont offerts comme actes de présence et de soin, pour honorer le corps vivant dans toute sa sacralité.

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